Se faire entendre et savoir écouter

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Se faire entendre et savoir écouter

Nathan Stern est sociologue et entrepreneur social.

Il a créé Happy Week : un jeu pour donner aux enfants l’envie de réaliser les tâches du quotidien et les rendre autonomes. (Retrouvez un code promo à la fin de l’article ?)

Il partage avec nous les clés d’une éducation positive pour se faire entendre et savoir écouter.

 

Les leviers sociaux de motivation

 

Les fessées, les gifles, les enfermements, les privations, les menaces, les coups de colère, les phrases culpabilisantes, les promesses de récompenses, les comparaisons de l’enfant avec d’autres, frère, sœur ou camarades ont vraiment perdu toute légitimité auprès des parents qui ont une culture du développement de l’enfant et leur usage semble reculer.

Mais à moins de s’autoriser un usage décomplexé de toutes les petites ou grandes violences précitées, nous voilà un peu dépourvus de moyens alternatifs de nous faire entendre de nos enfants.

La bonne nouvelle est qu’il y a des leviers simples, positifs et méconnus qui restent à être exploiter : c’est notamment le cas des leviers sociaux de motivation :

  • L’envie de jouer
    Les enfants ont un goût immodéré pour le jeu. Il suffit de présenter les règles de vie qu’on souhaite faire appliquer comme les règles d’un nouveau jeu auquel on peut gagner ou perdre. Les parents deviennent des partenaires de jeu, le temps que la tâche soit accomplie. Une chambre d’enfant à faire ranger ? On peut lancer une compétition entre l’enfant et le parent pour savoir lequel aura la plus belle chambre en 5 minutes chrono ?
  • L’envie d’être reconnu par ses pairs
    Quand l’envie d’être reconnu par la figure d’autorité perd de son efficacité, l’envie d’être reconnu par ses pairs (frères, sœurs, cousins ou camarades) peut prendre le relais ; pour autant que l’enfant concerné prenne conscience du regard de ses pairs et ait une pleine conscience que son comportement a un impact sur la situation de ses pairs. Les enfants ne cessent de sortir de table, malgré les exhortations ? Et si on invitait les enfants à imaginer une règle du jeu qui leur convienne pour que chacun se sente responsable vis-à-vis des autres ?
  • L’envie de faire gagner son équipe
    Bien des enfants ont beaucoup plus d’intérêt et d’énergie lorsqu’ils s’inscrivent dans un collectif et qu’une dynamique d’émulation a été activée. L’équipe peut être celle des enfants face à celle des parents, ou celle des garçons contre les filles, ou d’autres qu’on pourra composer aléatoirement selon les circonstances. On peut ainsi faire débarrasser table et cuisine par une moitié de la famille (papa + fille) et le repas suivant par une autre (maman + fils). On prend des photos après chaque repas, et on compare.
  • L’envie de se sentir appartenir à un groupe
    Rien de tel que l’appartenance à un groupe pour se sentir pousser des ailes, surtout si l’appartenance à ce groupe est valorisante, s’il sait raconter son histoire, célébrer ses accomplissements, fêter ses victoires,… Et si on donnait un nom à l’équipe que forme la famille ? Et si on se demandait si notre équipe est capable de se dépasser ?

 

Si ces leviers fonctionnent si bien, pourquoi n’y recourons-nous pas davantage ?

 

Le souci est que ces leviers de motivation ne sont guère familiers et qu’il n’est pas habituel de les mobiliser, en dehors des pratiques sportives où ils sont omniprésents.

Quand on lève le ton ou qu’on prend une grosse voix pour exiger d’un enfant qu’il arrête de se balancer sur sa chaise, on s’appuie sur l’idée que l’enfant imprimera mieux ce qu’on lui dit si on se montre menaçant, alors même qu’il s’agit d’un comportement machinal. On pourrait aussi bien lui proposer d’attribuer un point au premier, de soi ou de son enfant, qui se rend compte qu’il se balance, et que celui qui atteint 5 points a gagné ?

On a appris que jouer pouvait être une source d’apprentissage. On a appris qu’il était préjudiciable au développement de l’enfant qu’il ait peur de ses parents. On a appris que les enfants étaient bien plus attentifs à ce que les parents faisaient qu’à ce que les parents disaient qu’il faut faire… Mais il nous reste à apprendre comment mettre en musique, dans notre quotidien, cette compréhension aujourd’hui théorique. Et comme tout apprentissage pratique, celui-ci prendra du temps.

 

En attendant, un conseil : mobiliser l’empathie des enfants.

 

Comment ? En commençant par abandonner cette posture de parent qui va forcément bien et qui se conforme au modèle du parent gai, attentif et disponible. En n’hésitant jamais à se montrer à ses enfants dans sa vulnérabilité, sa fatigue ou son questionnement. En prenant l’initiative de parler à ses enfants de ses besoins à soi, de son contexte émotionnel ou professionnel ou de ses aspirations propres.

Comment pouvons-nous attendre de nos enfants qu’ils se montrent empathiques si nous ne leur disons rien de ce que nous ressentons, de ce que nous percevons, de ce que nous attendons ?

Ultimement, ce dont nous avons besoin, c’est de l’empathie de nos enfants. C’est le plus beau levier pour accompagner leur développement sans qu’ils ne voient en nous que des tuteurs et oublient que, nous aussi, nous avons besoin de leur attention.

Régulièrement, un de mes fils vient vers moi pour me parler à un moment où je ne suis pas réceptif. Je lui explique que je pourrais bien volontiers lui accorder mon attention s’il m’aide à y voir clair dans mes idées ou mes sentiments. Et je lui propose aussi de me laisser à moi-même s’il ne sent pas disponible pour cela, et cela ne me posera pas de problème.

Pour peu qu’on leur en donne le droit et qu’on leur en indique le chemin, les enfants peuvent nous donner l’espace et l’attention que nous sommes trop souvent impuissants à nous donner à nous-mêmes. Ils régénèrent notre disponibilité à nous-mêmes et à eux.

Dans ces moments de grâce, plus besoin de leviers. Alors, parents et enfants exercent ensemble et en profondeur ces belles capacités jumelles : se faire entendre et savoir écouter.

 

 

Happy Week

 

Conçu et fabriqué en France, Happy Week est un jeu de société à faire en famille ! Il se joue dans la vraie vie et rend les enfants autonomes au quotidien.

Pendant une semaine, les enfants piochent des cartes « actions » qui leur donneront des défis à relever : faire ses devoirs seul, ranger sa chambre, débarrasser la table…
Pour chaque action réalisée, l’enfant peut avancer son pion sur le plateau.
Vous pouvez même créer vos propres cartes !
Les enfants remportent également de bons moments : jouer au ballon, jouer au mime, faire une bataille de polochon…

Happy Week fait comprendre aux enfants que plus vite ils réalisent les tâches du quotidien, plus ils ont de temps pour s’amuser ! ?

Avec le code MUMINTOWN, bénéficiez de 10 % de réduction et de la livraison gratuite sur le jeu Happy Week.

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